Lors de leur première récolte, beaucoup d’apiculteurs se posent la même question : comment étiqueter correctement ses pots de miel ?
Que le miel soit conditionné en pot en verre ou en pot plastique, l’étiquette ne sert pas seulement à présenter le produit. Elle permet aussi d’informer le consommateur sur l’origine du miel, sa traçabilité, son poids, sa durée de conservation et les consignes de tri de l’emballage.
L’étiquetage du miel est encadré par une réglementation précise. Certaines mentions sont obligatoires, d’autres sont facultatives, et certaines expressions, pourtant courantes, sont à éviter.
Depuis 2022, les règles ont évolué, notamment sur l’indication de l’origine des miels. En 2026, les informations demandées sont encore plus précises pour les miels composés de plusieurs origines.
Dans cet article, nous faisons le point sur les mentions à faire apparaître sur une étiquette de miel, les erreurs à éviter, les règles liées à l’Info-Tri et les obligations particulières pour le miel bio.
Pourquoi l’étiquetage du miel est-il important ?
Le miel est un produit alimentaire très apprécié, mais aussi très contrôlé. Le consommateur veut savoir ce qu’il achète, d’où vient le miel, qui l’a produit ou conditionné, jusqu’à quand il est préférable de le consommer et comment recycler l’emballage.
Une étiquette bien conçue permet donc de :
- respecter la réglementation ;
- rassurer le consommateur ;
- valoriser le travail de l’apiculteur ;
- assurer la traçabilité du miel ;
- éviter les mentions trompeuses ou incomplètes
Attention toutefois : l’étiquette ne doit pas exagérer les qualités du produit. Il faut éviter les promesses liées à la santé, les formulations ambiguës ou les mentions qui pourraient laisser croire à une qualité non justifiée.
Une bonne étiquette doit rester simple : elle doit dire clairement ce qu’il y a dans le pot, d’où vient le miel, qui le vend et comment le tracer.
Les mentions obligatoires sur une étiquette de miel
Pour vendre un pot de miel, plusieurs informations doivent figurer sur l’étiquette. Elles doivent être lisibles, claires, indélébiles et rédigées en français lorsque le produit est vendu en France.
Les principales mentions à prévoir sont :
- la dénomination de vente ;
- l’origine du miel ;
- le poids net ;
- la date de durabilité minimale ;
- le numéro de lot ;
- le nom ou la raison sociale et l’adresse de l’opérateur ;
- l’Info-Tri et le logo Triman ;
- une taille de caractères suffisamment lisible

1. La dénomination de vente
La dénomination de vente doit être choisie avec soin, car elle indique clairement la nature du miel présenté au consommateur. Pour les récoltes polyflorales les plus courantes, l’utilisation d’étiquettes d’appellation pour miel de fleurs permet de présenter le produit de façon simple, lisible et cohérente avec la dénomination utilisée sur le pot.
Exemples de dénominations possibles :
- Miel ;
- Miel de fleurs ;
- Miel de miellat ;
- Miel en rayons ;
- Miel destiné à l’industrie.
La dénomination peut être complétée par une indication florale, végétale, géographique ou qualitative, à condition que cette indication soit vraie et non trompeuse.
Exemples :
- Miel d’acacia ;
- Miel de châtaignier ;
- Miel de lavande ;
- Miel de montagne ;
- Miel de forêt ;
- Miel de printemps ;
- Miel crémeux
En revanche, certaines formulations doivent être utilisées avec prudence. Par exemple, “miel toutes fleurs” ou “miel mille fleurs” ne doivent pas remplacer la dénomination principale. Il est plus sûr d’utiliser “miel de fleurs” comme dénomination, puis d’ajouter une précision si besoin.
Exemple conseillé :
Miel de fleurs – Récolte d’été
Cette formulation est plus claire et plus prudente qu’une dénomination principale comme “miel toutes fleurs”.
2. L’origine du miel
L’origine du miel est une mention obligatoire. Il faut indiquer le pays dans lequel le miel a été récolté.
Pour un apiculteur qui vend son propre miel récolté en France, une mention simple peut suffire :
- Origine France ;
- Récolté en France ;
- Produit en France.
Cette information est importante, car elle permet au consommateur d’identifier clairement la provenance du miel.
Pour les miels issus de plusieurs pays, les règles sont plus strictes. L’étiquette doit indiquer les pays d’origine dans le champ visuel principal, par ordre décroissant, avec le pourcentage correspondant à chaque pays.
Exemple :
Origines : France 60 %, Espagne 25 %, Ukraine 15 %
Cette règle renforce la transparence sur les miels en mélange. Le consommateur ne voit plus seulement une formule vague, mais peut comprendre précisément quelles origines composent le pot.

3. Le poids net
Le poids net fait partie des informations obligatoires à faire apparaître sur l’étiquette. Il doit correspondre à la quantité réelle de miel contenue dans le pot, sans inclure le poids du contenant. Pour les formats les plus vendus, comme les pots de 500 g, les étiquettes poids net 500 g permettent d’ajouter cette mention de manière claire et visible sur le conditionnement.
Il peut être indiqué en grammes ou en kilogrammes.
Exemples :
- Poids net : 250 g ;
- Poids net : 500 g ;
- Poids net : 1 kg.
Cette mention doit être facilement lisible par le consommateur. Elle est généralement placée sur la face avant ou sur une zone bien visible de l’étiquette.
4. La date de durabilité minimale
Le miel ne porte généralement pas de DLC, mais une DDM : date de durabilité minimale.
La DDM indique jusqu’à quelle date le miel conserve ses qualités dans de bonnes conditions de stockage. Elle peut être formulée ainsi :
- À consommer de préférence avant fin…
- À consommer de préférence avant le…
Lorsque la durabilité est comprise entre 3 et 18 mois, il faut indiquer le mois et l’année. Lorsque la durabilité est supérieure à 18 mois, l’année peut suffire.
Exemples :
- À consommer de préférence avant fin 12/2027 ;
- À consommer de préférence avant fin 2028.
Le miel peut se conserver longtemps s’il est stocké correctement, à l’abri de l’humidité, de la chaleur excessive et de la lumière directe. En pratique, beaucoup d’apiculteurs utilisent une DDM de deux ans.

5. Le numéro de lot
Le numéro de lot permet d’assurer la traçabilité du miel. Il est très utile en cas de contrôle, de rappel produit ou de problème identifié sur une série de pots.
Exemple :
Lot : L260626
Il est possible de ne pas ajouter de numéro de lot uniquement si la DDM permet d’identifier clairement le lot, avec une date suffisamment précise.
En revanche, si l’étiquette indique seulement :
À consommer de préférence avant fin 2028
cette information n’est pas assez précise pour remplacer un numéro de lot.
Par sécurité, il est donc fortement conseillé d’ajouter un numéro de lot sur chaque série de pots. C’est une bonne pratique simple, claire et rassurante.

6. Le nom ou la raison sociale et l’adresse
L’étiquette doit indiquer l’identité de l’opérateur responsable du produit. Il peut s’agir de l’apiculteur, du conditionneur, du vendeur ou de l’entreprise qui met le miel sur le marché.
Les informations à faire figurer sont :
- le nom ou la raison sociale ;
- l’adresse complète.
Exemple :
Rucher Dupont
12 chemin des Abeilles
31000 Toulouse
France
Ces informations permettent d’identifier clairement le responsable du produit. Elles sont importantes pour le consommateur, mais aussi pour la traçabilité.
7. L’Info-Tri et le logo Triman
L’Info-Tri aide le consommateur à savoir comment trier les différents éléments de l’emballage : pot, couvercle, étiquette ou opercule selon le conditionnement utilisé. Pour les apiculteurs qui conditionnent leur miel en verre, les étiquettes Info-Tri pour pots en verre permettent d’ajouter cette information directement sur le pot ou sur l’étiquetage existant.
L’objectif est d’indiquer clairement ce que le consommateur doit faire avec les différents éléments de l’emballage :
- pot en verre ;
- couvercle métallique ;
- étiquette papier ;
- pot plastique ;
- opercule éventuel
Selon le type d’emballage utilisé, les consignes peuvent varier. Il est donc important d’utiliser une signalétique adaptée aux éléments réellement présents sur votre emballage.
L’Info-Tri peut être intégrée directement à l’étiquette ou ajoutée sur un support complémentaire si la place manque.

8. La lisibilité des informations
Les mentions obligatoires doivent être suffisamment lisibles. La taille minimale des caractères dépend notamment de la surface de l’emballage.
En règle générale, les mentions obligatoires doivent avoir une hauteur de caractère minimale de 1,2 mm. Pour les petits emballages dont la face la plus grande est inférieure à 80 cm², cette hauteur minimale peut être réduite à 0,9 mm.
Il faut donc éviter les étiquettes trop chargées avec des textes minuscules. Une belle étiquette ne doit pas seulement être esthétique : elle doit rester lisible.
Si le pot est petit, mieux vaut simplifier la mise en page et garder les informations essentielles plutôt que d’ajouter trop de texte marketing.
Les mentions facultatives possibles sur une étiquette de miel
En plus des mentions obligatoires, l’apiculteur peut ajouter certaines informations pour mieux valoriser son miel. Ces mentions doivent toujours être exactes, justifiables et non trompeuses.
L’origine florale ou végétale
Il est possible d’indiquer une origine florale ou végétale si le miel possède réellement les caractéristiques correspondantes.
Exemples :
- Miel d’acacia ;
- Miel de tilleul ;
- Miel de châtaignier ;
- Miel de lavande ;
- Miel de tournesol
Attention : il ne suffit pas de penser que les abeilles ont majoritairement butiné une plante pour pouvoir l’indiquer sur l’étiquette. Si vous avez un doute, une analyse peut être utile pour vérifier les caractéristiques du miel.
Dans le doute, une dénomination plus large comme “miel de fleurs” est souvent plus prudente.

L’origine géographique
Il est possible d’ajouter une indication géographique si elle est vraie et justifiable.
Exemples :
- Miel de montagne ;
- Miel de forêt ;
- Miel de Provence ;
- Miel de Corse AOP
Pour les AOP, IGP ou autres signes officiels de qualité, il faut respecter un cahier des charges précis. L’apiculteur ne peut pas utiliser librement ces mentions sans être engagé dans la démarche correspondante.
Certaines expressions sont à éviter, notamment “miel de pays” ou “miel de terroir”, qui peuvent être considérées comme problématiques.
La période de récolte
La période de récolte peut être indiquée si elle est cohérente avec le miel vendu.
Exemples :
- Miel de printemps ;
- Miel d’été ;
- Récolte 2026.
Cette mention est intéressante pour les consommateurs, car elle donne une idée du profil aromatique du miel.
La texture du miel
La texture peut aussi être mentionnée.
Exemples :
- Miel liquide ;
- Miel crémeux ;
- Miel cristallisé
Là encore, la mention doit correspondre à la réalité du produit.
Le code-barres
Le code-barres n’est pas obligatoire pour vendre du miel en direct, mais il peut être demandé dans certains circuits de distribution, notamment en magasin, en grande surface ou chez certains revendeurs.
La déclaration nutritionnelle
Pour le miel pur, la déclaration nutritionnelle n’est généralement pas obligatoire, car il s’agit d’un produit non transformé composé d’un seul ingrédient.
Elle peut toutefois être ajoutée volontairement si les informations sont exactes. Dans ce cas, il faut respecter les règles de présentation applicables aux valeurs nutritionnelles.
Les mentions à éviter sur une étiquette de miel
Certaines expressions sont courantes, mais ne doivent pas être utilisées car elles peuvent être trompeuses ou non conformes.
À éviter :
- Pur miel ;
- Miel naturel ;
- 100 % miel ;
- Miel de pays ;
- Miel de terroir
Même si ces termes semblent valorisants, ils peuvent poser problème. Le miel est déjà défini réglementairement comme un produit naturel issu des abeilles. Ajouter “pur”, “naturel” ou “100 %” peut être considéré comme inutilement valorisant ou trompeur.
Il faut aussi éviter les allégations de santé non autorisées.
Exemples à éviter :
- Renforce les défenses immunitaires ;
- Soigne la toux ;
- Anti-inflammatoire naturel ;
- Bon pour le cœur ;
- Remède naturel
Sur une étiquette de miel, il vaut mieux mettre en avant des éléments factuels : origine, récolte, texture, goût, type floral, savoir-faire et traçabilité.

L’étiquetage du miel bio
Un miel vendu comme bio doit respecter des obligations supplémentaires.
L’étiquette d’un miel bio doit notamment faire apparaître :
- le logo bio européen, aussi appelé Eurofeuille ;
- le code de l’organisme certificateur ;
- l’origine des matières premières agricoles ;
- les informations classiques obligatoires pour tout miel ;
- éventuellement le logo AB français, qui reste facultatif
Exemple de présentation :
- Miel de fleurs bio
- Origine France
- Certifié par FR-BIO-XX
- Agriculture France
Le logo AB français est bien connu des consommateurs, mais il ne remplace pas le logo bio européen lorsque celui-ci est obligatoire.
Attention : un apiculteur ne peut pas utiliser le mot “bio” s’il n’est pas certifié par un organisme habilité.

Exemple d’étiquette conforme pour un miel récolté en France
Voici un exemple simple pour un pot de miel de fleurs de 500 g :
Miel de fleurs
Récolté en France
Poids net : 500 g
À consommer de préférence avant fin 2028
Lot : L260626
Rucher Dupont
12 chemin des Abeilles
31000 Toulouse
France
Info-Tri : pot, couvercle et emballage à trier selon la signalétique indiquée.
Cet exemple convient à un miel simple, récolté en France, vendu par un apiculteur ou une structure clairement identifiée.
Exemple d’étiquette pour un miel en mélange
Pour un miel composé de plusieurs origines, l’étiquette doit être plus précise.
Exemple :
Miel
Origines : France 60 %, Espagne 25 %, Portugal 15 %
Poids net : 500 g
À consommer de préférence avant fin 2028
Lot : L260626
Nom ou raison sociale du vendeur
Adresse complète
Info-Tri selon les éléments d’emballage.
L’information importante ici est la transparence sur les origines. Le consommateur doit pouvoir voir les pays et les pourcentages sans chercher l’information au dos du pot.
Exemple d’étiquette pour un miel bio
Miel de fleurs bio
Origine France
Poids net : 500 g
À consommer de préférence avant fin 2028
Lot : L260626
Rucher Dupont
12 chemin des Abeilles
31000 Toulouse
France
Certifié par FR-BIO-XX
Agriculture France
Logo bio européen
Logo AB facultatif
Info-Tri selon les éléments d’emballage.

Checklist avant d’imprimer vos étiquettes de miel
Avant de lancer l’impression de vos étiquettes, vérifiez que vous avez bien prévu :
- la dénomination de vente ;
- l’origine du miel ;
- le poids net ;
- la DDM ;
- le numéro de lot ;
- le nom ou la raison sociale ;
- l’adresse complète ;
- l’Info-Tri et le logo Triman ;
- les mentions bio si le miel est certifié bio ;
- une taille de caractère lisible ;
- des mentions exactes et non trompeuses
Pensez également à vérifier que les informations correspondent bien au miel réellement mis en pot. Une erreur d’origine, de lot ou de type floral peut poser problème en cas de contrôle.

Bien choisir ses étiquettes pour pots de miel
Une bonne étiquette doit être à la fois conforme, lisible et adaptée au contenant utilisé. Le format ne sera pas forcément le même pour un pot de 250 g, un pot de 500 g, un pot de 1 kg ou un pot plastique.
Chez Apistore, vous pouvez retrouver des étiquettes adaptées aux pots de miel, avec des modèles prévus pour l’appellation du miel, le poids net, l’Info-Tri et autres mentions utiles pour présenter votre récolte.
L’objectif est de valoriser votre miel tout en donnant au consommateur les informations essentielles : ce qu’il achète, d’où vient le produit, qui l’a conditionné et comment trier l’emballage.
Conclusion
L’étiquetage du miel ne doit pas être pris à la légère. Il permet de respecter la réglementation, de renforcer la confiance du consommateur et de valoriser le travail de l’apiculteur.
Depuis les dernières évolutions réglementaires, l’origine du miel est devenue un point central, en particulier pour les mélanges de miels issus de plusieurs pays. Les pays d’origine et leurs pourcentages doivent désormais être indiqués clairement.
Pour un apiculteur qui vend son propre miel récolté en France, les règles restent assez simples, à condition de ne pas oublier les mentions essentielles : dénomination, origine, poids net, DDM, lot, coordonnées, Info-Tri et lisibilité.
Avant d’imprimer vos étiquettes, prenez le temps de vérifier chaque mention. Une étiquette bien conçue, claire et conforme, c’est un vrai gage de sérieux pour vos clients.
FAQ – Etiquetage du miel
Quelle mention d’origine mettre sur un pot de miel ?
Pour un miel récolté en France, vous pouvez indiquer “Origine France”, “Récolté en France” ou “Produit en France”. Pour un miel issu de plusieurs pays, les pays d’origine doivent être indiqués par ordre décroissant avec leur pourcentage. La DGCCRF précise que, pour les miels de plusieurs pays, les origines doivent apparaître dans le champ visuel principal avec le pourcentage correspondant à chaque pays.
Le numéro de lot est-il obligatoire sur un pot de miel ?
Oui, le numéro de lot est fortement recommandé pour assurer la traçabilité. Il peut être remplacé uniquement si la DDM permet d’identifier clairement le lot, ce qui n’est pas le cas d’une simple mention “à consommer de préférence avant fin 2028”.
Peut-on écrire “miel toutes fleurs” sur une étiquette ?
Oui, mais avec prudence. Il vaut mieux utiliser “miel de fleurs” comme dénomination de vente principale, puis ajouter “toutes fleurs” ou “mille fleurs” comme mention complémentaire si elle est pertinente.
Quelles mentions sont interdites sur une étiquette de miel ?
Il faut éviter les mentions comme “pur miel”, “miel naturel”, “100 % miel”, “miel de pays” ou “miel de terroir”. Il faut aussi éviter les promesses de santé non autorisées.
L’Info-Tri est-elle obligatoire sur les pots de miel ?
Oui, les emballages ménagers doivent guider le consommateur sur les consignes de tri. Pour un pot de miel, cela peut concerner le pot en verre, le couvercle métallique, l’étiquette papier ou le pot plastique selon le conditionnement.